Supai – Waterholes Canyon – Kanab

Supai – Waterholes Canyon – Kanab

I wish I was a bird

Entre mes 2 campements du jour, il y a 55 miles… 55 miles, oui mais à vol d’oiseau… Entre les deux, il y a le Colorado River et cette merveille que l’on appelle le Grand Canyon ! Ahhh qu’est-ce que je voudrais être un oiseau aujourd’hui !

L’objectif principal de ce road trip, c’est la loterie pour The Wave à Kanab… Havasupai Falls c’était l’imprévu, le coup de folie… c’était juste pour remplir le week-end, car le bureau du BLM où se tient la loterie est fermé jusque lundi. Mais pour m’y rendre, je dois d’abord atteindre ma voiture, avant d’avaler les 400 miles nécessaires pour rejoindre Kanab ce soir. Avec la fatigue accumulée par les courtes nuits et les kilomètres de rando dans les jambes ; c’est de la folie pure de prendre le volant pour 6h30 de route.

Et la nuit fut agitée… je me réveille toutes les 2 heures par l’inconfort de ma position. Il pleut sans discontinuer, je sens que la serviette qui me sert d’oreiller est humide, ainsi que le fond de mon sac de couchage. Cela ne m’empêche pas de me rendormir à chaque fois – jusqu’à ce que je me réveille à 5h20 car j’ai les fesses mouillées ! Et non, je ne me suis pas « oublié », la folie de l’Ouest m’a pour l’instant épargné ces neurones-là.

Je fais le point quelques instants ; je sais que la journée risque d’être longue, très longue. Dure, très dure. il continue de pleuvoir, mais cela ne sert à rien de postposer mon départ. Je fais mon sac-à-dos minutieusement pour ne pas mélanger les affaires mouillées du reste – à 6h15 j’attaque les quelque 4 kilomètres qui me séparent du village.
7h15 j’atteins l’héliport. Je suis seul. Peu de temps après d’autres campeurs arrivent – tout le monde se questionne si l’hélico volera aujourd’hui. Je m’étais tellement préparé à ne pas compter dessus, que j’ignore la chance qui se présente à moi : si j’attends, je serai parmi les premiers au départ… à 10h – à condition qu’il n’y ait pas beaucoup de locaux qui useraient de leur droit de priorité. 3 heures d’attente d’un hypothétique hélicoptère ; peut-être une de plus pour embarquer. Autant mettre ces heures à profit et économiser 85$ et me refaire une santé ! Après un café et un excellent breakfast burrito au Sinyella Café je me lance sur le coup de 8h

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La première heure, je ressors vite l’appareil photo – c’est qu’il est vraiment sympa ce trail ; il mériterait le détour même sans les chutes

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Ensuite, je décide d’activer le mode mule sur ma machine à avancer. Après tout, comme je l’ai chargée, c’est la moindre des choses que la mule participe à l’effort. Tête baissée, j’avale la caillasse sans broncher. À 10h15, ma mule et moi atteignons le pied des switchbacks, pas peu fiers. Une pause d’un quart d’heure, je vide la bouteille d’eau de source du camping que je gardais « au cas où ».

J’enclenche les vitesses lentes, et c’est parti pour l’ascension finale. Quel calvaire…
La mule souffle.
La mule grogne à chaque fois qu’un hélico passe.
Sur les tronçons les plus pentus, la mule doit s’arrêter brièvement tous les 5 mètres.
Surtout ne pas regarder en haut… Je croise des arrivants, qui me sortent le classique « hey, how-r-u-doin’ ? » Je réponds comme par réflexe : « Exhausted ! » déclenchant leurs rires. Ce n’est pas drôle.

11h15 j’arrive sur le parking – liquidé… L’helico débarque son 4ème vol : 5 campeurs – je m’en fous, je l’ai fait – na !
Ravitaillement, je change de t-shirt, il est 11h30 quand mes jambes tremblantes touchent les pédales. Je regarde le road-book : j’ai 2 heures d’avance… Waouw. 3h15 pour l’ascension depuis le village alors que j’en prévoyais 4 et demi. La folle euphorie m’emporte ; je lance mon bolide ; ma journée ne fait que commencer.

Musique à fond sur la route ; les différents panneaux me rappellent d’excellents souvenirs de mon séjour en famille en 2015 : Seligman, Williams, Wupatki NM… tiens, ils ont fait un rond-point à la jonction entre l’US-89 et la route vers le grand canyon ?
Un peu plus tôt je m’étais arrêté pour faire le plein… J’ai à peine pu marcher – mes jambes sont tétanisées.

L’excitation m’emporte dès que j’aperçois les red-rocks au loin… J’avais oublié le panoramique qu’offre l’US-89 ; mais ici les nuages veulent gâcher mon euphorie.

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16h un peu passé je m’arrête au trailhead de Waterholes Canyon. Quelques voitures, d’énormes pancartes Navajo Fee – Hiking Permit required… Oui je sais tout ça, et au vu du nombre de voitures, je me dis que c’est peut-être risqué. Comme il fait  couvert, le jeu n’en vaut peut-être pas la chandelle… Un peu plus loin, Page quand à elle est sous le soleil. Je me rends quand même au Navajo Tribal Park & Recreation Office à Lechee, mais celui-ci est fermé. Pas de permis donc. En rejoignant l’US-89, je vois que le ciel se dégage au sud… allez, permis ou pas, j’y retourne !

Je descends dans le Waterholes Canyon pour visiter la section est. Le début du canyon n’est pas très intéressant, mais on me dit que ça se rétrécit plus loin. Je fonce, car le soleil n’est déjà plus très haut

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Après un bon kilomètre et demi, je vois des cairns sur le côté indiquant un retour possible à la surface. Et là, qui c’est qui est là pour me faire une surprise ? L’Ouest ! Avec son plus bel apparat

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